Travail indépendant, une douce illusion ?

Une étude menée par ADP récemment (5 avril) auprès de salariés européens indique qu’un salarié sur deux voudrait devenir free lance. Parmi les raisons citées : plus de liberté, des horaires flexibles, un meilleur équilibre vie professionnelle et personnelle. Ce dernier point est souhaité par 29% des salariés français, 35% pour les plus de 55 ans. Il s’agit sans doute de très bonnes raisons d’aspirer à ce « travail indépendant » qui séduirait par la liberté d’action et de choix de son cadre et de sa journée de travail.
Mais le travail indépendant l’est-il vraiment ?
C’est au moins en partie un leurre car l’activité free lance ne libère pas, loin s’en faut, de toutes les contraintes. Si votre travail implique la satisfaction d’un client, il se peut qu’au bout d’un moment ses contraintes deviennent les vôtres… dont vous serez seul(e) à supporter les effets sur votre organisation de travail. Sans compter que free lance veut dire aussi créer et maintenir un niveau d’activité qui corresponde au niveau de vie que vous souhaitez. Et c’est un vrai challenge. Que dire aussi des arbitrages parfois stressants ou douloureux du type : Puis-je partir en vacances sans être (trop) joignable ? Je n’ai personne à qui déléguer, alors je fais comment ? Et puis, il a les aléas… un exemple bien connu des responsables de TPE qui rencontrent un problème informatique au mauvais moment (est-ce qu’il y en a des bons, d’ailleurs ?). Pas de ressources autres, il n’y a que vous et votre matériel. Si vous sollicitez votre fournisseur pour un dépannage, il n’est pas sûr qu’il ait la même disponibilité pour un petit client comme vous que pour un gros, donc il faut la jouer finement ! Mais bien sûr tout cela s’apprend, de même que l’on finit par s’habituer à la responsabilité qui pèse sur une seule paire d’épaules, il y en a même que cela conforte dans leur choix. En tout cas, mieux vaut se préparer à rester cool, chacun à sa façon : humour, détachement, méditation…
Free lance, oui, mais c’est une liberté à construire avec une juste évaluation de la survie et de son prix et la recherche constante d’un équilibre personnel dans l’exercice de l’activité. Le partage avec des pairs peut aider à se ressourcer, car en période de tension, la capacité à résister, à rebondir et la créativité sont fortement sollicitées, même pour les pros du freelance ! Un seul conseil, faites le bon choix en vous préparant à bander votre ARC : Autonomie/ Responsabilité/ Créativité.
La citation : « Le rythme, c’est être en soi, aux autres et au monde ». Jacques PORTES