Se former ou ouvrir le champ des possibles

Le monde de la formation bouge… On certifie, on qualifie, on recentre et on diversifie, dans une certaine mesure. On raisonne « parcours » et « blocs de compétences », on distingue les accès à la formation, CPF, plan, professionnalisation etc. Pas simple pour les Responsables Formation, interpellant pour les formateurs, mais il semble que ça incite à se former « tout au long de la vie ». L’intention est louable, la réforme de la formation professionnelle contribue d’ailleurs à responsabiliser chacun dans son rôle, y compris les institutionnels et les gestionnaires. L’ingénierie pédagogique et financière (est-ce la même finalité ?) est remise en question, on rebat les cartes. Ainsi que l’affirme Marc Dennery dans plusieurs articles du blog de C-Campus, on passe d’une formation « en stock » à une formation « en flux ». Enfin, pour ceux qui ont pris le train en marche, car même si « 81% des TPE-PME considèrent la formation professionnelle comme un levier de compétitivité et de croissance », dixit le MEDEF dans Rue de la Formation en s’appuyant sur un sondage, il y a peut-être loin de la coupe aux lèvres.

Mais restons optimistes, comment ne pas l’être alors que la formation pourrait devenir ce qu’elle devrait être depuis toujours, un accélérateur de compétences ? Et comme chacun est renvoyé dans sa capacité à jouer son rôle au sein de tous ces systèmes, parlons ingénierie de formation. A l’ère de la formation « multimodale », du « forfait parcours » instauré par la loi El Khomri, l’architecture pédagogique qui doit permettre à l’apprenant de plus en plus autonome (du moins on le souhaite) de faire son cheminement d’apprentissage, remonte à l’avant-scène. Comment l’accompagner, le guider, en un mot lui faciliter l’accès à ce qu’il veut ou doit apprendre pour progresser ? Une des réponses se trouve dans des systèmes pédagogiques qui lui permettent de se repérer, de s’autoévaluer, et surtout de faire le lien entre ce qu’il apprend et ce qu’il met en oeuvre au quotidien dans son activité professionnelle.

C’est le sens des systèmes de formation et d’évaluation qualitative que nous avons développés à ephi-formation et dans d’autres structures. L’ingénierie de formation, c’est l’Approche Objectifs/Action; les fondements pédagogiques de l’apprentissage, ce sont les opérations mentales. Car tout processus d’apprentissage suppose une énergie vitale, une alerte des sens, un déclenchement de l’intellect et des émotions au service de l’action à réussir.

Le phi l’incarne, les opérations mentales en sont les vecteurs. Le phi se lit en partant de la base, Identifier, en remontant et en faisant plusieurs passages dans la boucle Agir/ Comprendre, voire même un retour à Identifier si nécessaire, pour passer à l’élan final vers l’action réussie, les fameux « acquis ». Et ceci se passe, quel que soit le mode d’apprentissage, à distance, par expérience ou au contact de pairs et d’un formateur ou tout à la fois. Ce qui révèle que j’ai appris, c’est le Transfert : reproduire ce que je sais ou suis capable de faire, même si les circonstances changent et, dans un stade plus avancé, apprendre ce que je sais ou sais faire à quelqu’un d’autre. La courbe ascendante du phi est un tremplin vers la transmission… Cette dynamique d’apprentissage s’applique à toutes sortes de savoirs et savoir-faire, nous l’avons constaté en « fabriquant » des formations diverses : savoirs théoriques, savoir et savoir-faire procéduraux, expérientiels ou sociaux, avec une même finalité. Savoir agir, c’est passionnant, non ?

phi OM apprentissage

L’aphorisme du moi : « Le chemin se construit en marchant » A. Machado