Pour une écologie de la formation

L’Université d’Hiver de la Formation Professionnelle de janvier 2020 à Biarritz avait pour thème : « La compétence à la portée de tous ! », un slogan intéressant qui reste à incarner. Dans les échanges, la récente reconfiguration de l’écosystème de la formation professionnelle a nourri de nombreux débats. Sur un terrain complexe et encore mouvant – et qui le restera sans doute un temps indéterminé- les acteurs donnent de la voix et se (re)positionnent. Des axes se dégagent sur des fondamentaux du type « simplifier et fluidifier la démarche des apprenants vers l’autonomie ». Une des nouveautés intéressantes de la Loi Avenir est la redéfinition de l’action de formation « comme un parcours pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel ». Le cadre est posé pour ceux qui rêveraient encore aux formations inutiles échappant à cette définition.

Si on l’accepte  en tant que « bénéficiaire » des dispositifs ou même maintenant directement des actions de formation, dont on devient consommateur via le CPF, pourquoi ne pas définir les éléments d’une bonne écologie de la formation ?  Bonne forcément, avec l’apprenant (actif et en devenir) au centre évidemment, représentée dans le schéma ci-dessous. Avant d’aller plus loin, précisons que l’écologie dont il est question est « la science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu en tenant compte de leurs interactions ». A partie de là, l’analogie peut filer avec un apprenant en tant que plante bénéficiant des bons soins que lui prodiguent l’écosystème où il prend racine… Sans décliner tout l’intérêt qu’il y a à avoir un bon substrat de base fourni par l’éducation dans sa plus grande richesse et variété, retrouvons notre plante-apprenant en pleine énergie végétale aux bons soins de son jardinier-formateur dont les mains bienveillantes encadrent sans étouffer l’autonomie potentielle; ce formateur devenant de plus en plus médiateur et facilitateur accompagnant le cheminement vers la compétence. Lui-même se nourrissant de digital learning, d’Afest, de Qualiopi etc. pour rester à flot.

Mais par chance, si tout cela se combine harmonieusement, notre plante-apprenant pourra aussi bénéficier d’un double éclairage pour favoriser une croissance raisonnée et fructueuse, en d’autres termes un parcours professionnel réussi : à sa demande, un conseiller en évolution professionnelle pour l’aider à s’orienter et à faire les bons choix et en entreprise, si la fonction existe, un responsable en développement des compétences qui va l’accompagner dans son développement interne pendant une partie de sa croissance. Dans le meilleur des cas et on le lui souhaite, il pourra trouver un bon équilibre entre ses aspirations personnelles et l’offre possible de développement de compétences qu’on lui propose. Tout ceci consolidé par un conseiller OPCO contribuant aux bons choix d’alimentation en arrosage et engrais (financements, dispositifs et conseils appropriés). Voici notre plante bien partie si elle se retrouve sur un bon territoire en amont pour faciliter l’acquisition des compétences (formations) et en aval pour trouver les terrains professionnels (emplois) où l’exercer.

On en conclut qu’une bonne écologie de la formation passe aussi mais pas seulement par la compétence des acteurs et la synergie des actions autour de notre apprenant. Accompagné et encouragé, il lui restera alors à croître en expériences et en savoirs. Mais auparavant, il lui faudra mettre en oeuvre deux capacités « en autonomie » : faire les bons choix  de formation et les réaliser en préservant sa capacité à s’ensemencer et à refleurir plusieurs fois… Et ça, bonne écologie ou pas, ça le regarde !
La citation du mois : « Il faut cultiver notre jardin. » Voltaire
Merci à Catherine R., fidèle lectrice des Editos ephi, pour son dessin illustrant cet article.