Année speed ou année slow ?

Speed ou  slow ? Ce n’est pas aussi simple… Tout d’abord au niveau du vécu : d’un côté les rythmes imposés, les contraintes, la pression, la tension émotionnelle générant le mauvais stress, la coupe est pleine; de l’autre les rythmes biologiques personnels, la détente, la capacité de se ressourcer, un certain bien-être très recherché ces temps-ci. A chacun de trouver son équilibre, avec une question qui taraude ceux qui, nombreux, ont frôlé ou malheureusement dépassé les limites : est-ce que je peux agir pour éviter de me sentir débordé par « le temps toxique » (Slow business par Pierre Moniz-Barreto, Editions Eyrolles) ?

Si tout était résolu par une attitude mentale, « une posture » qui nous permettrait parfois de ralentir l’enchaînement des pertes de temps, des aléas, la pression des délais, des tâches qui durent plus longtemps que prévu, des perturbateurs… et j’en passe ! Sans doute « la slow attitude » que l’on doit trouver en soi plutôt qu’appliquer des recettes, permet de faire face plus sereinement à ce qui aurait tendance à nous déstabiliser, ce qui est encore mal vu de l’être dans le travail ou sévit la fameuse pression de conformité. Dans ce que préconise le défenseur du slow business, c’est en fait tout un modèle, un ensemble de représentations de l’activité qu’il faut changer. Or on le sait les représentations du travail changent sans doute moins vite que les situations concrètes auxquelles il nous faut nous adapter.

Pas simple… mais il y a des pistes à trouver. J’ai pour ma part beaucoup aimé la métaphore de « laisser retomber la vase » pour y voir plus clair afin que « l’action lucide soit à nouveau possible » dixit Pierre Moniz-Barreto. Sage conseil, non ? Reste à trouver la façon d’y arriver…
L’aphorisme du mois : « Quand les choses se passent trop vite, personne ne peut être sûr de rien, de rien du tout, même pas de soi-même. » Milan Kundera (Eloge de la lenteur)
PS : La tortue de la photo a pris racine l’année dernière dans le Jardin des Plantes de Nantes.