GPEC : mode ou stratégie ?

La rentrée s’annonce avec de nouvelles mesures à l’horizon sur le droit du travail et la formation professionnelle : du grain à moudre pour les responsables RH et de quoi nourrir « le dialogue social »…
Mais sans vouloir en rajouter, le nouveau rapport de France Stratégie sorti en août et rédigé par le Réseau Emplois Compétences, pointe là où ça fait mal. Ainsi on peut lire page 35 de ce document : « Si les entreprises valorisent les qualités telles que l’expérience, la polyvalence ou la capacité d’adaptation, c’est aussi parce qu’elles ont du mal à mettre en œuvre une réelle gestion des compétences, c’est-à-dire à identifier précisément et à anticiper leurs besoins en compétences. »
Bien sûr, les RRH ne découvrent pas cette dure réalité. C’est un constat souvent partagé que lancer une démarche compétences peut se heurter à des freins de toute nature : c’est trop ambitieux, trop lourd, consommateur en énergie(s), on se heurte à la résistance au changement etc. C’est sans doute pour de bonnes raisons que seulement 15% des entreprises (surtout des grandes) se lancent dans l’aventure selon le CEREQ. Et pourtant l’adéquation entre formation et acquisition de compétences en situations de travail fait son chemin et les PME ou petites structures ne sont pas à la traine sur ce plan. L’étape suivante est de rentrer plus franchement dans l’évaluation des compétences individuelles tout en favorisant la reconnaissance des compétences acquises par les salariés.
Si qualifier de GPEC ces démarches permettant de réduire la distance à l’emploi peut en hérisser certains, à travers elles il s’agit de mettre en place des actions concrètes pour se préparer à demain. Et le demain devient aujourd’hui pour des entreprises qui ont du mal à recruter, qui voient partir à plus ou moins brève échéance des vagues de baby boomers, qui ont du mal à retenir « les hauts potentiels » (parce qu’il y en a des bas ?) et j’en passe…
Or c’est là précisément que les démarches compétences ont du sens : rapprocher la personne de l’emploi tout en permettant à l’entreprise de bénéficier des compétences là où sont ses besoins. Pas simple à mettre en place, car pour se lancer dans une telle démarche, il faut investir d’abord dans la définition de la situation voulue et passer par des étapes qui ne s’improvisent pas : fixer les objectifs stratégiques, cibler les emplois et compétences à venir, mettre en place les mesures RH et formation qui en découlent, tout cela avec une adhésion interne au projet GPEC. C’est un vrai défi et un engagement dans un projet où différents enjeux se croisent. Il existe cependant des appuis pour les entreprises de moins de 300 salariés qui souhaitent développer ou consolider leur GRH via des diagnostics et conseils RH financés en partie par DIRECCTE et/ou par les OPCA.
Sachant tout cela, on ne saurait trop encourager les dirigeants visionnaires, les RRH entreprenants et tous les acteurs de l’entreprise motivés, à passer le pas…
Le mot clé pour la rentrée, c’est donc ANTICIPER… pour ne pas se laisser submerger. Bonne rentrée à tous !
Si vous faites partie des courageux ou si simplement vous vous interrogez sur la GPEC, notre partenaire FORMACOM organise une formation à ce sujet.

Se former ou ouvrir le champ des possibles

Le monde de la formation bouge… On certifie, on qualifie, on recentre et on diversifie, dans une certaine mesure. On raisonne « parcours » et « blocs de compétences », on distingue les accès à la formation, CPF, plan, professionnalisation etc. Pas simple pour les Responsables Formation, interpellant pour les formateurs, mais il semble que ça incite à se former « tout au long de la vie ». L’intention est louable, la réforme de la formation professionnelle contribue d’ailleurs à responsabiliser chacun dans son rôle, y compris les institutionnels et les gestionnaires. L’ingénierie pédagogique et financière (est-ce la même finalité ?) est remise en question, on rebat les cartes. Ainsi que l’affirme Marc Dennery dans plusieurs articles du blog de C-Campus, on passe d’une formation « en stock » à une formation « en flux ». Enfin, pour ceux qui ont pris le train en marche, car même si « 81% des TPE-PME considèrent la formation professionnelle comme un levier de compétitivité et de croissance », dixit le MEDEF dans Rue de la Formation en s’appuyant sur un sondage, il y a peut-être loin de la coupe aux lèvres.

Mais restons optimistes, comment ne pas l’être alors que la formation pourrait devenir ce qu’elle devrait être depuis toujours, un accélérateur de compétences ? Et comme chacun est renvoyé dans sa capacité à jouer son rôle au sein de tous ces systèmes, parlons ingénierie de formation. A l’ère de la formation « multimodale », du « forfait parcours » instauré par la loi El Khomri, l’architecture pédagogique qui doit permettre à l’apprenant de plus en plus autonome (du moins on le souhaite) de faire son cheminement d’apprentissage, remonte à l’avant-scène. Comment l’accompagner, le guider, en un mot lui faciliter l’accès à ce qu’il veut ou doit apprendre pour progresser ? Une des réponses se trouve dans des systèmes pédagogiques qui lui permettent de se repérer, de s’autoévaluer, et surtout de faire le lien entre ce qu’il apprend et ce qu’il met en oeuvre au quotidien dans son activité professionnelle.

C’est le sens des systèmes de formation et d’évaluation qualitative que nous avons développés à ephi-formation et dans d’autres structures. L’ingénierie de formation, c’est l’Approche Objectifs/Action; les fondements pédagogiques de l’apprentissage, ce sont les opérations mentales. Car tout processus d’apprentissage suppose une énergie vitale, une alerte des sens, un déclenchement de l’intellect et des émotions au service de l’action à réussir.

Le phi l’incarne, les opérations mentales en sont les vecteurs. Le phi se lit en partant de la base, Identifier, en remontant et en faisant plusieurs passages dans la boucle Agir/ Comprendre, voire même un retour à Identifier si nécessaire, pour passer à l’élan final vers l’action réussie, les fameux « acquis ». Et ceci se passe, quel que soit le mode d’apprentissage, à distance, par expérience ou au contact de pairs et d’un formateur ou tout à la fois. Ce qui révèle que j’ai appris, c’est le Transfert : reproduire ce que je sais ou suis capable de faire, même si les circonstances changent et, dans un stade plus avancé, apprendre ce que je sais ou sais faire à quelqu’un d’autre. La courbe ascendante du phi est un tremplin vers la transmission… Cette dynamique d’apprentissage s’applique à toutes sortes de savoirs et savoir-faire, nous l’avons constaté en « fabriquant » des formations diverses : savoirs théoriques, savoir et savoir-faire procéduraux, expérientiels ou sociaux, avec une même finalité. Savoir agir, c’est passionnant, non ?

phi OM apprentissage

L’aphorisme du moi : « Le chemin se construit en marchant » A. Machado

Travail indépendant, une douce illusion ?

Une étude menée par ADP récemment (5 avril) auprès de salariés européens indique qu’un salarié sur deux voudrait devenir free lance. Parmi les raisons citées : plus de liberté, des horaires flexibles, un meilleur équilibre vie professionnelle et personnelle. Ce dernier point est souhaité par 29% des salariés français, 35% pour les plus de 55 ans. Il s’agit sans doute de très bonnes raisons d’aspirer à ce « travail indépendant » qui séduirait par la liberté d’action et de choix de son cadre et de sa journée de travail.
Mais le travail indépendant l’est-il vraiment ?
C’est au moins en partie un leurre car l’activité free lance ne libère pas, loin s’en faut, de toutes les contraintes. Si votre travail implique la satisfaction d’un client, il se peut qu’au bout d’un moment ses contraintes deviennent les vôtres… dont vous serez seul(e) à supporter les effets sur votre organisation de travail. Sans compter que free lance veut dire aussi créer et maintenir un niveau d’activité qui corresponde au niveau de vie que vous souhaitez. Et c’est un vrai challenge. Que dire aussi des arbitrages parfois stressants ou douloureux du type : Puis-je partir en vacances sans être (trop) joignable ? Je n’ai personne à qui déléguer, alors je fais comment ? Et puis, il a les aléas… un exemple bien connu des responsables de TPE qui rencontrent un problème informatique au mauvais moment (est-ce qu’il y en a des bons, d’ailleurs ?). Pas de ressources autres, il n’y a que vous et votre matériel. Si vous sollicitez votre fournisseur pour un dépannage, il n’est pas sûr qu’il ait la même disponibilité pour un petit client comme vous que pour un gros, donc il faut la jouer finement ! Mais bien sûr tout cela s’apprend, de même que l’on finit par s’habituer à la responsabilité qui pèse sur une seule paire d’épaules, il y en a même que cela conforte dans leur choix. En tout cas, mieux vaut se préparer à rester cool, chacun à sa façon : humour, détachement, méditation…
Free lance, oui, mais c’est une liberté à construire avec une juste évaluation de la survie et de son prix et la recherche constante d’un équilibre personnel dans l’exercice de l’activité. Le partage avec des pairs peut aider à se ressourcer, car en période de tension, la capacité à résister, à rebondir et la créativité sont fortement sollicitées, même pour les pros du freelance ! Un seul conseil, faites le bon choix en vous préparant à bander votre ARC : Autonomie/ Responsabilité/ Créativité.
La citation : « Le rythme, c’est être en soi, aux autres et au monde ». Jacques PORTES

Formation : tracer le chemin

Vous avez sans doute déjà regardé avec une attention fascinée ces lignes qui changent sur le panneau d’affichage des départs de trains :  la ligne que vous suivez remonte subitement d’un cran pour montrer le même horaire, la même destination. C’est juste le numéro du quai qui vous manque pour passer à l’action : commencer votre parcours. Ce qui se passe actuellement depuis la réforme de la formation professionnelle de 2015 est du même ordre. Il y a des données fixes : une personne à former, un prescripteur, un prestataire de formation. Avec aussi celui qui opère à l’information et à la bonne distribution des parcours, l’organisme gestionnaire, rôle dévolu aux OPCA. Mais les chemins vers la destination se complexifient, d’où les simplificateurs en tous genres qui s’efforcent d’éclairer la lanterne des formés, formateurs, responsables de formation etc.

Donc supposons les acteurs positionnés.  Pour filer la métaphore du voyage en train, la destination  c’est la formation choisie (ou attribuée) avec un parcours bien défini et une certaine liberté d’action pour le voyageur/ formé sur la prestation et sur les modalités de réalisation de celle-ci. Et quid de la ligne qui remonte d’un cran sur le panneau ? Eh bien c’est le recadrage des rôles de chaque acteur dans le monde de la formation. Commençons par la personne à former. A celui-là on demande d’ouvrir son CPF (rappel : 3,7 millions de CPF ouverts en décembre 2016), de faire remonter ses souhaits de formation lors de l’entretien professionnel qu’il a eu ou finira par avoir. Mais ce n’est pas fini, ça c’est le début du parcours. Si on est clair sur ce qu’on recherche, on a plus de chances de s’y retrouver dans le choix des formations. Et  si on se perd en route, des organismes et des institutionnels peuvent aider au repérage ou à s’orienter tels les CEP. Si c’est l’entreprise qui est prescriptrice, les RRH et autres responsables de Formation sont là pour aiguiller sur les formations utiles pour l’entreprise et, on l’espère, pour les destinataires de formation. Il reste alors à trouver un parcours adapté aux besoins  amenant le voyageur/apprenant à destination dans les meilleurs conditions possibles. Et ça c’est le rôle du prestataire de formation… qui est un vrai professionnel qualifié non seulement sur le contenu de la formation, mais sur le service qui doit être rendu au bénéficiaire.

C’est sans doute un des bons côtés de cette nouvelle donne de la loi de 2015 que de confier sa demande à un ou plusieurs acteurs qui vont s’ingénier à proposer les meilleures formules de parcours. Pour tous les acteurs de la formation professionnelle, le challenge est grand, d’autant qu’une partie du public des apprenants a acquis une culture à se former via les réseaux sociaux, les pairs, les blogs en tout genre etc. Une partie, car les salariés les moins qualifiés (qui auront le droit à un double d’heures sur leur CPF par rapport aux autres) ne sont peut-être pas encore les plus experts, mais ça peut changer…

Pour le coup, le prestataire de formation remonte d’un cran, il est polycompétent sur ses domaines d’interventions, sa capacité d’ingénierie (concevoir ou proposer les stratégies pédagogiques les plus adaptées) et sa capacité à respecter le contrat qui le lie au commanditaire de la formation, au financeur et au destinataire de la formation. Le formateur dans sa mission la plus extensive deviendra à terme un ensemblier, comme dans le bâtiment : animateur de systèmes de formation, affûté sur la digitalisation des formations, voire créateur de MOCC ou de « tutos », accompagnateur de parcours, évaluateur des acquis etc. Et capable aussi de remettre en question ses pratiques tout en  suivant les modalités réglementaires de sa profession en évolution.

Tout ceci est stimulant à condition que les professionnels de la formation puissent vivre ces transitions avec plus de facilitation que d’obstacles, afin d’être ou de rester des partenaires de qualité dans la responsabilité de formateur qui est la leur face à un public exigeant car de plus en plus informé et « consommateur » de modes de formation diversifiés. Pour les formateurs, le chemin critique* est à tracer et à suivre pour rester compétents . A suivre…

*Chemin critique (CPM) : technique utilisée pour terminer des projets en se concentrant sur les tâches clés.

L’aphorisme du mois : « Le questionnement est à l’origine de la pensée critique. » Michel Tozzi. Et un lien vers une vidéo intéressante d’un de nos pairs, ex cotraitant sur des projets : http://www.first-finance.fr/actualites/article/sylvain-vacaresse-digital-learning/

 

Partages, entre la porte ouverte et l’impasse…

Réseauter, ubériser, partager… Tous ces mots renvoient à des actions concrètes réalisées dans le monde entier par des humains très divers. En cette fin/ début d’année, on peut à un moment figer le flot des images et des textes pour quelques minutes de réflexion.

Réseauter… Les réseaux sociaux sont par définition ouverts aux opinions, idées, tendances, flux d’informations. Ils inondent nos espaces publics et privés. Si on en reste aux échanges qu’ils nous offrent, quelle est la balance (au sens musical du terme) entre l’idée neuve et la banalisation ? Et s’il y a recyclage des idées, ce qui est après tout aussi valable que de recycler un objet, comment estimer la valeur d’une idée neuve ou recyclée ? Question absurde ? Non, mais difficile à trancher sans en référer à des théories… ou à des points de vue. Pour ne pas tourner en rond davantage, lorsque je suis ou vous êtes émetteur d’une idée, demandons-nous quel est le poids du « J’affirme, donc je suis » dans ce que nous livrons aux réseaux. Et puis « l’idée que tout le monde pourrait partager n’importe quoi pourrait également nous pousser vers un chemin de stupidité collective. » dixit Carlo Ratti et Richard Sennet dans cet article : http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/les-risques-de-l-economie-du-partage-593238.html). Enfin, en tant que récepteurs, est-ce que nous ne perdons pas trop de temps à consommer des informations banales car répétées sans faire appel à la capacité de prise de distance qui est censée nous caractériser ?

Ubériser… En parlant de consommation, l’accessibilité a la côte. Si on peut avoir un service ou un produit plus astucieusement à moindre coût, voire à aucun coût, pourquoi s’en priver ? Dans les services « ubérisés », il y a ceux qui sont contents de consommer, mais il y a aussi les exploitants qui font appel à des… Trop facile direz-vous ? La vraie question à se poser, c’est de se demander si nous contribuons en ubérisant au développement des personnes ? Le doute est permis…

Partager… Ouf, on respire, l’économie du partage, ça normalement, c’est positif, c’est noble et c’est enrichissant. C’est vrai, on peut même enlever le mot « économie » et parler du partage comme une valeur humaine intéressante car elle entraîne l’empathie, la bienveillance etc. dans les relations. Cependant, tout en surfant sur la joie du partage, n’oublions pas quand même les rapports de pouvoir qui coexistent dans les relations humaines avec les élans généreux de l’altérité. Alors, partageons mais en restant conscients des limites du partage, car le nier n’est-ce pas s’interdire de vraiment partager ?

La citation du mois : « Agis en sorte qu’autrui puisse augmenter le nombre de choix possibles. » Von Foerster

Une rentrée constructive/ L’intuition fertile

Les neurosciences accordent une valeur à l’intelligence émotionnelle et à la pensée intuitive dans la mobilisation de comportements opportuns et ce, dans diverses situations de vie ou de travail. Mais ne sommes-nous pas intimement persuadés du rôle de l’intuition dans notre vie quotidienne

On pourrait se dire que mettre en avant l’intuition correspond à un effet de mode qui tendrait à valoriser ce mode d’appréhension du monde. Cela n’empêche pas de reconnaître la pensée intuitive mobilisée pour faire face à un danger, s’adapter à une situation nouvelle, faire un apprentissage mental ou gestuel par exemple. La neurologue Régine Zékri-Hurstel rappelle que les neuroscientifiques définissent l’intuition comme « un inconscient d’adaptation ». Elle décrit ainsi le processus  : « Notre cerveau arrive directement aux conclusions et nous fait prendre des décisions sans que nous ayons conscience des perceptions subliminales qui nous y ont conduits. »

Les démarches formatives d’ephi-formation reposent sur le postulat que le conatif (ce qui relève de l’expérience) est au moins aussi voire plus important que le cognitif dans l’apprentissage. L’expérience professionnelle est constituée de toutes ces trajectoires mentales qui nous font prendre des microdécisions orientées sur le bon geste à faire, le bon comportement à adopter, le choix de la solution la plus pertinente etc. D’où la difficulté de discerner ce qui relève du savoir, ce que j’ai appris et que je peux transmettre, de l’expérience singulière, ce qui fait que j’agis au mieux face à un problème à résoudre. Ce fonctionnement en mode intuitif, lié à nos capacités de mémorisation et de créativité, favorise l’émergence de solutions dans toute activité professionnelle, si nous ne le bridons pas !

Dans un article des Echos week-end du 26 août dernier intitulé « Et si vous écoutiez votre intuition ? », de nombreux exemples viennent illustrer le rôle de l’intuition dans nos conduites. Le mode intuitif y est présenté ainsi : « L’intuition fonctionnerait comme une tête chercheuse scannant de manière rapide et inconsciente sa banque de données d’expériences personnelles et professionnelles, avec toutes les mémoires émotionnelles associées, afin de proposer une réponse à une situation donnée. » Autrement dit, nous sommes tous des Sherlock Holmes ou des profilers en puissance, capables de mettre à profit cette forme de connaissance immédiate non pas pour résoudre un crime mais pour faire face aux problèmes qui nous sont posés. A condition, et là beaucoup d’avis convergent, de ne pas céder aux préjugés ou aux illusions stérilisantes qui entravent cette jubilation intuitive !

Il faut aussi se sentir disponible pour accueillir ce que d’aucuns désignent même comme « la connaissance anticipée du futur ». Sans aller jusque là, cultiver l’intuition  afin qu’elle nous conduise à des actions réussies, c’est un beau programme de rentrée, non ?

L’aphorisme du mois : « Tu n’avais pas eu besoin des sciences cognitives pour savoir que sans intuition ni affects il n’y a ni intelligence, ni sens. » André Gorz

La constance du jardinier

Dans le monde des RH, on n’est pas à un paradoxe près. D’un côté, on cultive les ressources humaines pour faire émerger et développer les compétences, d’un autre côté il arrive qu’on se comporte comme un jardinier inconséquent qui arrache des fleurs en les prenant pour des mauvaises herbes ou bien qui les néglige sous prétexte qu’elles sont vivaces et qu’elles peuvent s’en sortir.
La gestion des générations dans l’entreprise, et donc de toutes ces personnes qui ont des âges et des parcours différents, nécessite pour filer notre métaphore des jardiniers attentionnés et capables de regarder leur jardin avec un œil neuf. Entretenir le terreau des compétences, favoriser l’éclosion des nouveaux recrutés grâce à l’appui de tuteurs expérimentés, tout le monde s’accorde  à penser et à dire qu’il s’agit sans doute d’une bonne solution pour permettre le transfert des compétences. Mais le faire c’est mieux, comme le dit le slogan ! Les dispositifs existent, allant de la professionnalisation en passant par l’apprentissage, pour permettre ce passage de relais entre générations. Tout ceci doit être construit avec le double regard des besoins en compétences des structures et des aspirations et souhaits d’évolution des salariés. Quant aux salariés proches de la retraite, ils sont au moins pour une partie d’entre eux, satisfaits de transmettre leurs savoirs et de laisser une trace à la fin de leurs parcours professionnels.

Cette problématique n’est pas aisée dans les PME-TPE tendues sur la nécessité de survivre, de s’adapter à leurs clients et dans le même temps de recruter, d’intégrer et de fidéliser le personnel. N’accablons pas la fonction RH qui est souvent soit embryonnaire, soit exercée à temps partiel : elle fait souvent de son mieux en satisfaisant d’abord aux procédures administratives et réglementaires de la gestion RH. et ceci sans oublier les autres chantiers RH que la réforme de 2014 sur la formation professionnelle a ouvert : CPF, entretiens professionnels, nouvelles règles de financement, révision des dispositifs etc. Mais revenons à notre problématique de faire coexister les différentes générations dans l’entreprise et au-delà de permettre le partage de savoirs entre elles, par exemple culture métier d’une part, culture digitale de l’autre… c’est possible, mais à quelles conditions ?
Un projet assumé de gestion des âges suppose qu’un contrat soit passé entre les trois types d’acteurs concernés: la Direction de l’entreprise qui décide de la stratégie RH et des moyens à mettre en oeuvre et qui en évalue les retours/ la fonction RH qui veille aux besoins en compétences, à leur maintien et au suivi des compétences réelles ou potentielles des salariés et met en oeuvre les actions adaptées (sensibilisation, formation, tutorat…) avec le soutien des OPCA/ les salariés eux-mêmes qui, en tant qu’acteurs de leur devenir professionnel, doivent être ouverts aux solutions qui leur permettent d’entretenir leur motivation et de maintenir leur capacité de travail dans le temps.
Dirigeants ,managers et équipes des PME, TPE ephi-formation, nous sommes prêts à vous accompagner… à être de bons jardiniers, avec constance.

Et pour finir, l’aphorisme du mois : « Ne craignez pas la perfection, vous ne l’atteindrez jamais. » Salvador Dali

L’art du focus

Les travaux sur les neurosciences nous apprennent comment notre cerveau fonctionne, notamment l’attention, phénomène complexe.  Nous sommes capables de mobiliser une communication synoptique, locale, immédiate ET une communication hormonale, à distance, pendant une durée prolongée. On sait grâce à l’EEG que l’on passe plusieurs fois dans une journée par des états de veille active et de veille passive. Comment alors concilier ces états de l’attention avec la vie professionnelle où la veille active est privilégiée ? Une des réponses se trouve dans le fonctionnement cérébral, en particulier la communication avec l’environnement et la capacité à traiter l’information.
On devrait donc laisser derrière nous cette sensation désagréable de ne pas arriver à se focaliser sur une tâche ardue, à trouver une solution à un problème, à terminer un travail entamé etc. Pas toujours car parfois l’impuissance nous guette, quelles que soient par ailleurs nos capacités à franchir ce qui nous apparaît alors comme une épreuve. Cette inhibition peut avoir des sources émotionnelles (voir les travaux de LABORIT à ce sujet). Mais des sources externes (ou exogènes) peuvent aussi nous perturber et engendrer des troubles de l’éveil actif liés aux conflits entre un environnement très sollicitant en variété et en quantité de sources d’informations… et notre aptitude à les absorber.
Sans compter sur la sensibilité de notre horloge biologique située vraisemblablement dans l’hypothalamus (le labo de l’usine hormonale) : notre temps biologique peut être plus ou moins incompatible avec le temps réel de la journée de travail.
Alors que faire si l’on rencontre cette impossibilité momentanée ou persistante à fixer son attention ? Il semblerait qu’il y ait un équilibre à trouver entre vouloir à tout prix franchir l’obstacle ou partir à la dérive en refusant de l’affronter.
Souvent ce qui nous gêne, c’est  ce que nous « chargeons » de déplaisant ou d’insoluble dans la tâche ou le problème qui nous rebute. Pratiquer le décentrage apparaît alors comme une possibilité d’évacuer ces éléments qui nous encombrent de la même façon qu’une canalisation se désengorge. A chacun donc de trouver son mode de décentrage. Pas si facile ? Voici quelques suggestions cependant :laisser une nuit passer si c’est possible, en parler avec quelqu’un de « non branché », jeter ses pensées en vrac sur une feuille, s’absorber dans une autre tâche moins rébarbative…
Cette prise de distance permet de ne pas ajouter du stress à celui causé par cet échec momentané à « focaliser ». Après ce décentrage, l’esprit plus apaisé, on peut se recentrer, trouver le focus : comme dans  la technique de « faire le point » en photo, on (re)concentre son attention sur le point central à traiter.
Evidemment, il ne faut pas prendre ces suggestions comme des recettes. On n’évitera pas de passer par soi-même ! L’art du focus, c’est aussi se connaître mieux pour savoir quand et comment on est en meilleure condition pour aborder les situations ou les tâches que l’on redoute.
Et si nous faisions confiance  au fonctionnement  de notre cerveau, sans trop chercher à le brider ?
Car, pour conclure, comme le dit Hélène Trocmé-Fabre : Rien n’est linéaire dans la vie, la nature, dans l’organisme. La fonction de la cellule est l’assimilation et l’autocréation dans la durée.

Année speed ou année slow ?

Speed ou  slow ? Ce n’est pas aussi simple… Tout d’abord au niveau du vécu : d’un côté les rythmes imposés, les contraintes, la pression, la tension émotionnelle générant le mauvais stress, la coupe est pleine; de l’autre les rythmes biologiques personnels, la détente, la capacité de se ressourcer, un certain bien-être très recherché ces temps-ci. A chacun de trouver son équilibre, avec une question qui taraude ceux qui, nombreux, ont frôlé ou malheureusement dépassé les limites : est-ce que je peux agir pour éviter de me sentir débordé par « le temps toxique » (Slow business par Pierre Moniz-Barreto, Editions Eyrolles) ?

Si tout était résolu par une attitude mentale, « une posture » qui nous permettrait parfois de ralentir l’enchaînement des pertes de temps, des aléas, la pression des délais, des tâches qui durent plus longtemps que prévu, des perturbateurs… et j’en passe ! Sans doute « la slow attitude » que l’on doit trouver en soi plutôt qu’appliquer des recettes, permet de faire face plus sereinement à ce qui aurait tendance à nous déstabiliser, ce qui est encore mal vu de l’être dans le travail ou sévit la fameuse pression de conformité. Dans ce que préconise le défenseur du slow business, c’est en fait tout un modèle, un ensemble de représentations de l’activité qu’il faut changer. Or on le sait les représentations du travail changent sans doute moins vite que les situations concrètes auxquelles il nous faut nous adapter.

Pas simple… mais il y a des pistes à trouver. J’ai pour ma part beaucoup aimé la métaphore de « laisser retomber la vase » pour y voir plus clair afin que « l’action lucide soit à nouveau possible » dixit Pierre Moniz-Barreto. Sage conseil, non ? Reste à trouver la façon d’y arriver…
L’aphorisme du mois : « Quand les choses se passent trop vite, personne ne peut être sûr de rien, de rien du tout, même pas de soi-même. » Milan Kundera (Eloge de la lenteur)
PS : La tortue de la photo a pris racine l’année dernière dans le Jardin des Plantes de Nantes.

2016

Et si vous étiez une orchidée ? Vous auriez besoin d’un bon substrat issu de votre forêt d’origine, de lumière pas trop agressive pour alimenter votre énergie végétale, d’eau et de soins pour nourrir votre capacité à fleurir. Et vous pourriez, en puisant dans vos propres ressources et celles de l’environnement, développer de nouvelles feuilles et des fleurs encore plus belles et plus nombreuses l’année 2… comme le montre cette photo. Donc, malgré la fragilité qu’on vous accorde habituellement, vous seriez capable de montrer votre force de création. Eh bien cette capacité à se régénérer au seuil de cette nouvelle année c’est tout ce qu’ephi-formation souhaite à celles et ceux qui tous les jours produisent, construisent, conçoivent, récoltent, transforment, rendent un service etc. Espérant aussi que chacune ou chacun de vous trouve un sens à ce qu’il ou elle fait, une énergie renouvelée pour affronter les moments plus sombres (et même vraiment plus sombres) et la force de spontanéité et de créativité pour oser s’épanouir et exprimer ainsi… sa compétence. Oui, voilà ce que l’on vous souhaite et ce que l’on se souhaite pour cette année 2016. Ceci s’adresse aux personnes, aux équipes, aux entreprises avec qui nous avons déjà partagé un bout de chemin, comme aux nouvelles que nous rencontrerons cette année avec une ouverture d’esprit… comparable à la beauté d’une orchidée ?

L’aphorisme du mois : « Connaître c’est être capable de distinguer, puis de relier ce qui a été distingué. » Edgar Morin