(Se)Former

Dans quel monde vivons-nous ? Dans quel monde vivrons-nous demain ? Ces deux questions sont cruciales ces temps-ci, on dirait.

Oui, nos emplois du temps sont bouleversés et se recomposent en lien avec des espaces plus ou moins libres ou contraints. On pourrait penser que dans ces différents contextes où chaque jour des entreprises et des salariés s’interrogent sur leur devenir et sont contraints de s’adapter,  la formation pourrait devenir accessoire, voire inutile. Eh bien, non.

Affirmons que les transferts, qui n’ont pas la côte ces temps-ci s’ils sont contagieux, sont beaucoup plus porteurs lorsqu’il s’agit de transfert formateur, une vraie voie de l’apprentissage singulier. Apprentissage singulier = chacun se construit sa façon d’appréhender le monde et donc d’apprendre ou de développer ses pratiques professionnelles.

Avec le télétravail grandissant et la tentation de nouvelles formes « d’esclavage » qui pourraient proliférer (« . » car il faut toujours nuancer le propos quand on emploie des mots qui incarnent une réalité précise et qu’on détourne parfois avec inconséquence), gageons que les circulations de savoirs, de compétences reconnues ou en devenir et de créativités connectées représentent des valeurs sûres.

Donc, à Ephi-formation, on ne veut pas croire que ce monde-là passionnant, se referme. Car nous avons des architectures à vous proposer, PME-TPE ou autres structures,  en cheminant avec vos équipes, tantôt à l’écoute, tantôt à la barre avec vous pour un moment.  Former c’est apporter un éclairage, des perspectives afin que chacun puisse progresser, en s’accordant au « tempo giusto » individuel et collectif. Se former c’est aussi l’expression de la motivation de chacun pour être co-créateur de son parcours de formation.

Le lien, c’est et ça restera, l’action réussie potentielle ou bien autrement dit, la voie vers une compétence qui ne s’actualise qu’en situation où le « professionnel » tient sa vraie place.

Avanti !

Sylvie Sassi

Last édito mais nous vous donnons rendez-vous, Bertrand et moi, pour découvrir le nouveau site…

Créer, c’est inventer de nouvelles formes de vie.  Nietzsche

 

 

Ephi (re)nouveau

Pour tous et pour chacun, la rentrée s’ouvre sur des réalités et des perspectives diverses et des marges d’incertitude liée au contexte actuel. Nous serons là pour répondre à vos demandes.

Pour Ephi, c’est un renouvellement qui s’amorce, préparé en amont par un processus de capitalisation des acquis et de définition de nouveaux champs d’intervention.
Capitalisation des acquis qui s’exprime dans notre certification QUALIOPI ainsi que la certification AFEST pour Bertrand.
Et dans toutes nos pratiques, la volonté réaffirmée de :
– Concevoir des formations les plus adaptées possible aux besoins des acteurs des entreprises
– Transférer des démarches, méthodes et outils afin de renforcer leur savoir faire et leur « savoir agir » et de les guider jusqu’à la mise en œuvre concrète de leurs compétences sur le terrain.
Nos domaines d’intervention seront présentés sur notre futur site Internet.

Tout projet commence par une rencontre. Depuis 2001, date de création d’ephi-formation, les rencontres ont jalonné les étapes de l’évolution de notre structure.
Elles ont contribué à tracer les chemins poursuivis :
– Accompagnement des PME-TPE et autres entités dans la définition de leurs besoins en compétences et de leur plan de formation ainsi que dans l’outillage RH nécessaire à leur fonctionnement
– Animation d’actions de formation sur mesure, résolument méthodologiques
– Création et diffusion d’un système d’évaluation qualitative des compétences de base
– Intégration des nouvelles technologies éducatives dans des supports de formation ou tutorials à distance, le digital, aujourd’hui
– Conception/ réalisation de projets d’étude, de formation et de conseil innovants et/ou porteurs dans toutes les régions où nous sommes intervenus (Normandie, Grand Ouest, Centre, Ile de France…)
Nous avons cheminé avec des entreprises de secteurs variés, toujours intéressés par leur cœur de métier et par ceux qui l’incarnaient. A leur écoute, nous avons affûté notre ingénierie et notre capacité à les accompagner.

Le nouvel ephi est né lui aussi d’une rencontre riche en échanges d’idées dont la convergence s’exprime aujourd’hui dans les axes porteurs et les offres d’Ephi. Des offres pour partie déjà traduites en actions…
Du fil d’ephi tissé dans le temps, qu’en retirons-nous ?
A l’évidence : l’exigence de l’action réussie que porte l’Approche Objectifs/Action, le respect de la singularité de chacun que porte le phi de l’apprentissage, la dynamique projet ou la vibration nécessaire pour aborder la complexité du monde en mouvement que porte le phi projet. Et puis la compétence de former et de conseiller le mieux possible ceux qui nous font confiance.

Dans l’Ephi nouveau, le rôle du partenariat d’actions sera encore important.
Partenariat d’abord avec les acteurs des entreprises, Dirigeants, RRH, managers et salariés, avec qui nous partageons leur contexte et leur savoir-faire afin de mieux ajuster nos actions à leurs problématiques.

Développement de relations contractuelles et complémentaires dans le temps avec nos partenaires OPCO, Conseillères et Conseillers, pour cheminer ensemble à l’écoute de leurs adhérents : Appui/Conseil RH et formation, Contrats de génération, Plans de Formation spécifiques, Définition des Compétences etc. et plus récemment Accompagnement à l’Afest.
Et puis, les partenariats avec des pairs font aussi partie de notre ADN : échanges de pratiques, coopération sur des projets avec des formateurs, intervenants ou experts dans leurs domaines, en tout  premier lieu le CIMI et toute son équipe, et puis les compagnons de route du RP-CFI, Learning Salad et RH Générations dans les premières années d’ephi, et Formacom dans le partage de quelques missions.

Enfin, les alliés de notre développement, les financeurs et/ou commanditaires, Région, Direccte ainsi que l’expertise éclairée d’In Extenso Secag à nos côtés depuis plusieurs années.

D’autres partenariats d’action se nouent déjà autour du nouveau site Internet et d’une offre de formation à distance. Vous en verrez la trace dans nos nouvelles coopérations..

Depuis la création de notre structure avec Daniel, qui a créé ephi-formation avec moi, jusqu’à maintenant où Bertrand y transmet toute son ardeur et son enthousiasme, et avec Carole qui nous soutient, Ephi se régénère encore une fois.
A très bientôt pour découvrir la nouvelle mue !

Et d’ici là, bonne rentrée, avec je l’espère, des plages de sérénité.
Sylvie Sassi

La distance juste… ou le confinement révélateur

Confinement, mot plutôt cafardeux, alors au choix : contanimento, encierro, inneslutring, containement, zadrzovani, periorismos, hausarest etc. Points communs : rester chez soi le plus possible, mais diversité des façons de vivre et d’exprimer ce retrait forcé. De la créativité individuelle ou collective jusqu’à la désespérance,  la marge est importante.
Sans balayer toutes les formes, retenons les fondamentaux : seul(e), en couple, avec des enfants, en ville, à la campagne, à la mer, à la montagne. Premier constat de ce contanimento, c’est qu’il nous permet de regarder de plus près nos conditions de vie au sens strict. Et sans entrer dans une analyse socioéconomique, on peut déjà faire un trait entre le confortable et le moins confortable jusqu’à l’insupportable dans les conditions de vie. Et ça déjà, il ne faudra pas qu’on l’oublie dans les mois à venir.

Ensuite il y a le vécu qui renvoie à chacun de nous, et nous entrons alors dans ces deux dimensions si vives actuellement de la distance et de la proximité. Un vrai apprentissage dans le temps, ce fait de ne pas pouvoir bouger, se déplacer où on veut, quand on veut, ou du moins on le croit… Une fracture se crée dans nos capacités de résistance à la frustration. Derrière nos réactions d’enfant à qui on a enlevé leurs « jouets », surgissent des révoltés : rendez-nous nos plages, nos espaces verts, nos territoires perdus ! Et puis ces classements en catégories auquel on résiste : vieux ou « aînés » fragiles, soignants héroïques et épuisés, enfants épargnés mais porteurs, femmes ou hommes applaudis mais corvéables à souhait… La brutale fragilité de la vie et de la survie remet parfois les choses en place et on ne peut pas détourner les yeux. Elle nous oblige aussi à éviter les simplifications et les fausses certitudes face à une complexité qui nous terrasse.

Inneslutring ! Nous sommes si versatiles que peut-être nous nous efforcerons à l’avenir d’oublier le caractère exceptionnel de ces moments. Opportunité momentanée de ne plus s’éparpiller ni se disperser dans de multiples activités pas toujours utiles ni fécondes pour notre bien-être personnel. Voie ouverte pour ranimer nos passions enfouies ou nos projets larvés afin de les faire sortir au grand jour. Quitte à se tromper, à tâtonner, à s’éprouver et à se donner le choix. L’attaque sur le vital nous recentre au moins sur l’important voire sur l’essentiel. Partager devient un besoin comme manger ou boire. Et c’est là que la distance se joue, distance avec soi-même d’abord. Nos choix de vie sont mis en plein zoom, à chacun de s’y retrouver…ou non.
Et puis la distance, en creux, en abolissant cette fuite des kilomètres, en  révélant toutes ces séparations physiques, restaure la proximité dans tous ses atouts : la proximité radieuse qui nous nourrit, celle des liens forts et de la sollicitude qui permet la solidarité. Sans tomber cependant dans l’angélisme qui dissimulerait les côtés sombres de l’hausarest :  la violence intérieure, la dénonciation pernicieuse d’autrui etc. Concernant l’environnement, la distance a ses bons côtés : la nature végétale et animale reprend son espace tout simplement, l’air devient plus pur et le silence s’instaure, l’homme prédateur ayant débarrassé la place. Tout cela nous fait-il ou non réfléchir ? A voir…

Quant aux sujets qui nous occupent à Éphi, on peut dire que la distance instaurée suscite des questions : par exemple, le télétravail ne met-il pas trop la pression sur les fournisseurs que sont les télétravailleurs, et ce malgré les tutos de « bonnes pratiques » » qui fleurissent partout ? Et la formation « tout à distance » ne gomme-t-elle pas toute la riche construction d’un apprentissage alimenté par des interactions humaines ? Distance/proximité, proximité/distance, ces deux axes mériteraient qu’on les approfondisse à l’avenir pour enrichir les constats et réflexions de l’aprés encierro : qu’en tirerons-nous pour travailler demain de façon plus équilibrée et pour se former en privilégiant l’acte formateur ? Peut-être aurons-nous retenu de cette période de periorismos  que les vrais changements sont des transformations lentes avec des avancées et des reculs qui nécessitent avant tout notre extrème attention pour ne pas se laisser piéger à nouveau par la course accélératrice.

Sachons aller à la rencontre  de notre « tempo giusto », avec un peu d’enthousiasme ! Tout comme le dessine ce phi renouvelé qui donnera bientôt naissance à un nouveau site Éphi Formation. Nous avons tracé dans ce temps suspendu d’autres chemins et pistes, avec des formations à découvrir, nous avons aussi investi dans l’AFEST. A voir prochainement…

PS : Oui, il y aura un chapitre 2, sortie de zadrzrovani. En attendant, le dialogue est amorcé, comme le montre l’image  à la une : avec nous-même, les autres et l’environnement, à la distance juste !

NB: Pas de citation ce mois-ci, trouvez-la !

Pour une écologie de la formation

L’Université d’Hiver de la Formation Professionnelle de janvier 2020 à Biarritz avait pour thème : « La compétence à la portée de tous ! », un slogan intéressant qui reste à incarner. Dans les échanges, la récente reconfiguration de l’écosystème de la formation professionnelle a nourri de nombreux débats. Sur un terrain complexe et encore mouvant – et qui le restera sans doute un temps indéterminé- les acteurs donnent de la voix et se (re)positionnent. Des axes se dégagent sur des fondamentaux du type « simplifier et fluidifier la démarche des apprenants vers l’autonomie ». Une des nouveautés intéressantes de la Loi Avenir est la redéfinition de l’action de formation « comme un parcours pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel ». Le cadre est posé pour ceux qui rêveraient encore aux formations inutiles échappant à cette définition.

Si on l’accepte  en tant que « bénéficiaire » des dispositifs ou même maintenant directement des actions de formation, dont on devient consommateur via le CPF, pourquoi ne pas définir les éléments d’une bonne écologie de la formation ?  Bonne forcément, avec l’apprenant (actif et en devenir) au centre évidemment, représentée dans le schéma ci-dessous. Avant d’aller plus loin, précisons que l’écologie dont il est question est « la science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu en tenant compte de leurs interactions ». A partie de là, l’analogie peut filer avec un apprenant en tant que plante bénéficiant des bons soins que lui prodiguent l’écosystème où il prend racine… Sans décliner tout l’intérêt qu’il y a à avoir un bon substrat de base fourni par l’éducation dans sa plus grande richesse et variété, retrouvons notre plante-apprenant en pleine énergie végétale aux bons soins de son jardinier-formateur dont les mains bienveillantes encadrent sans étouffer l’autonomie potentielle; ce formateur devenant de plus en plus médiateur et facilitateur accompagnant le cheminement vers la compétence. Lui-même se nourrissant de digital learning, d’Afest, de Qualiopi etc. pour rester à flot.

Mais par chance, si tout cela se combine harmonieusement, notre plante-apprenant pourra aussi bénéficier d’un double éclairage pour favoriser une croissance raisonnée et fructueuse, en d’autres termes un parcours professionnel réussi : à sa demande, un conseiller en évolution professionnelle pour l’aider à s’orienter et à faire les bons choix et en entreprise, si la fonction existe, un responsable en développement des compétences qui va l’accompagner dans son développement interne pendant une partie de sa croissance. Dans le meilleur des cas et on le lui souhaite, il pourra trouver un bon équilibre entre ses aspirations personnelles et l’offre possible de développement de compétences qu’on lui propose. Tout ceci consolidé par un conseiller OPCO contribuant aux bons choix d’alimentation en arrosage et engrais (financements, dispositifs et conseils appropriés). Voici notre plante bien partie si elle se retrouve sur un bon territoire en amont pour faciliter l’acquisition des compétences (formations) et en aval pour trouver les terrains professionnels (emplois) où l’exercer.

On en conclut qu’une bonne écologie de la formation passe aussi mais pas seulement par la compétence des acteurs et la synergie des actions autour de notre apprenant. Accompagné et encouragé, il lui restera alors à croître en expériences et en savoirs. Mais auparavant, il lui faudra mettre en oeuvre deux capacités « en autonomie » : faire les bons choix  de formation et les réaliser en préservant sa capacité à s’ensemencer et à refleurir plusieurs fois… Et ça, bonne écologie ou pas, ça le regarde !
La citation du mois : « Il faut cultiver notre jardin. » Voltaire
Merci à Catherine R., fidèle lectrice des Editos ephi, pour son dessin illustrant cet article.

2020, un nouvel élan

Nouvel élan 2020

Ce jeu de mots n’en est pas tout-à-fait un. Si le nouvel an va de pair avec des vœux, cette année, première d’une nouvelle décennie, marque un passage pour chacun de nous. Si bien sûr nous lui donnons un sens. L’image choisie (d’Hiroshige) pour la représenter vaut d’abord par ses couleurs : rouge comme chaleur et passion, vert comme espérance et renouveau, jaune comme lumière et action. Cette image symbolise aussi, par le foisonnement des fleurs en contrechamp, la créativité et la diversité, par la force de l’arbre au premier plan, la qualité et la méthode et, par la luxuriance du sol herbeux, la fertilité des idées partagées.

Oui, cette année 2020 peut être l’expression de tous ces symboles dans un monde où les antagonismes stériles peuvent brider l’action, où les résistances dures ou molles peuvent entraîner une lassitude ou/et une fuite éperdue dans l’activisme. Une fois de plus, face à ces risques de découragement, nous opposons la force des projets construits ensemble, la puissance des compétences partagées, le « tempo giusto » de l’écoute et de l’attention pour avancer. 2020 sera une année de transition pour la formation professionnelle, chaque acteur a son rôle à jouer, la barre monte d’un cran pour atteindre la boucle ultime du phi d’ephi : le transfert. C’est le sens de la spirale « hologrammique » du phi *, dixit Daniel Brutinot, qui fait que le formé se surprend par l’action réussie et échappe au formateur dans son élan vers la compétence acquise. Des moments forts qui alimentent notre motivation pour nous renouveler et vivre un moment de passage important dans la vie d’ephi-formation. Histoire qui a commencé par le dessin d’un phi, sur une feuille de papier il y a plus de vingt ans, pour s’incarner dans des actions de formation, de conseil et d’accompagnement ainsi que dans des projets et des outils innovants.

L’histoire continue et se transforme maintenant avec Bertrand et ce n’est qu’un début. Alors, 2020, un nouvel élan ? Pour nous, assurément ! Sylvie Sassi

* L’hologramme n’est pas qu’un procédé médiatique permettant l’ubiquité temporaire, ce qui est une version minima et disons-le caricaturale. Pour Daniel et moi, cela renvoie au Phi de l’apprentissage : tout moment de l’apprentissage porte la totalité de la compétence à venir, de même que la compétence acquise, renvoyant à des actions réussies, porte toutes les étapes et expériences qui ont permis de l’acquérir. Le Phi n’est pas statique, il ne cesse de se regénérer et de se réinventer, c’est le phi du projet épousant la dynamique du phi qui se dessine de la racine à la pointe de la boucle : Porteur/ Acteur/ Créateur.

Un autre monde

Novembre est triste, pluvieux, incertain. Et aussi le contraire; il existe des lieux professionnels où des personnes actives et créatives s’agitent encore. C’est une bonne chose. Rien de tel que d’aller à la rencontre de ces « pros » qui fonctionnent parfois à contre courant, parfois au fil de l’eau, sans oublier le sens de leur action. Et qui arrivent à tisser des relations d’équipe, de synergie fugitive ou plus durable (l’air du temps !). Si j’ai un respect pour tout cela c’est aussi parce qu’ephi en est l’expression. Ephi est avec ceux qui construisent et avancent en détournant les skuds du dénigrement, des fausses avancées, de la résignation bête, de l’espérance avortée, des blocages imbéciles. Ephi, c’est un phi qui préexiste à d’autres beaucoup plus vains parce qu’il est construit de ce que nous avons osé faire quelle que soit la structure, la configuration, les équipes. Et ça marchait… Le défi n’était pas d’embarquer, l’embarquement était immédiat, car il n’y a que cela qui marche. Aujourd’hui c’est encore possible si on ne se cache pas derrière les faux fuyants d’une communication qui remet des filtres et des filtres… Aujourd’hui ephi a beaucoup de sens, car c’est un élan vers ce qu’il y a de plus joyeusement naïf, de furieusement professionnel et surtout avec le rebond de la création et du transfert, essentiel ! Le monde n’avance que comme cela.

Citation du mois : « L’impulsion est une force créée par le mouvement et transmise par le moteur au mobile; et ce mobile aura d’autant plus de mouvement que l’impulsion aura plus de vie. » Léonard de Vinci – Les Carnets

 

L’éveil formateur

Au seuil de cette rentrée 2019-2020 et à la suite des décrets d’application de la Loi pour  la liberté de choisir son avenir professionnel, le paysage redessiné de la Formation Professionnelle commence à apparaître plus clairement. On retrouve les acteurs principaux : les demandeurs de formation, les prestataires et les financeurs. Sauf qu’il faut intégrer les nouvelles règles du jeu et les rendre lisibles et simples pour les clients et les bénéficiaires des dispositifs transformés ou aménagés : CPF, VAE, ProA etc. Gageons que plusieurs des questions qui suivent agitent déjà les esprits et constituent dès maintenant et demain des points clés dans le domaine de la formation et des RH :

  • Les entreprises s’investiront-elles dans le Plan de Développement des Compétences et le feront-elles en misant sur les compétences actuelles mais aussi potentielles de leurs salariés ?
  • Les PME de moins de 50 vont-elles encore ou enfin bénéficier d’un accompagnement à la hauteur de leurs attentes, prenant en compte leurs spécificités, un soutien à leur développement à travers des formations fléchées et à leur fonctionnement interne, appui à une fonction RH et Formation exercée « en plus de… » ? Et ce avec l’assistance éclairée des OPCO…
  • Les formations internes, boostées par les démarches AFEST, vont-elles vraiment être reconnues et performantes avec le double enjeu de concourir à une professionnalisation des acteurs les moins qualifiés de l’entreprise, tout en permettant un réel accompagnement au cheminement singulier du salarié-apprenant ?
  • La vulgarisation du CPF avec l’application individuelle favorisera-t-elle une réelle appropriation autonome et responsable du droit à la formation et à l’utilisation de ce droit à bon escient dans ou hors temps de travail, avec ou sans abondement ? Et ceci sans tomber dans une approche trop consumériste de la formation ?
  • Les démarches innovantes en formation prônées par la loi seront-elles développées avec le souci de renforcer et de dynamiser les situations formatives au service des apprenants ?

Les organismes de formation/conseil comme le nôtre ont de quoi s’occuper en ajustant leurs pratiques face à toutes ces problématiques. Nos points forts restent les méthodologies sous-tendant nos actions de formation (et tout-à-fait cohérentes avec la nouvelle définition de l’action de formation donnée par la loi de 2019) en particulier l’Approche Objectifs/Action, notre offre de formations inter ou intra, pragmatique et ciblée, qui s’est enrichie cette année et les projets de développement d’ephi-formation qui verront le jour prochainement.  Quant à l’activité de Conseil RH déployée dans le grand Ouest, le Centre et l’Ile de France, avec des financements OCAPIAT et DIRECCTE (en Normandie), elle reste d’actualité pour être au plus près de ce qui oriente et guide l’action de nos clients-partenaires.  Avec un regard extérieur qui doit les aider à consolider leurs acquis et à progresser là où c’est nécessaire… Et demain ? Nous vous tiendrons au courant.

Depuis mars 2019, Bertrand Dulchain est devenu membre de l’association ephi-formation, l’histoire va continuer d’évoluer…

« La complexité, c’est une poussée dans le sens de la vie, vers la construction permanente d’autre chose, avec ses tâtonnement, ses erreurs et ses ruptures. » Dominique GENELOT « Manager dans (et avec) la complexité – Eyrolles

2019… Année de la Formation

Croire à la nouvelle année comme une nouvelle page qui s’ouvre n’est bien souvent qu’illusion. Les valises à transporter sont les mêmes, les projets aussi. Et puis la réalité se rappelle à nous. Chaque nouvelle année est pourtant un jalon sur le chemin à tracer en affrontant l’incertitude. Trois idées force pour permettre d’effectuer la traversée :
la compétence ne s’use que si on ne s’en sert pas
Exemple : les dix milliers ou plus de gestes répétés qui s’enchaînent pour conduire à une séquence parfaitement maîtrisée de savoir-faire, cela s’applique à tellement de métiers et de disciplines différentes. Geste physique et/ou geste mental qui au bout du compte mène à la compétence. Observer au ralenti les mouvements d’un sportif tel que Federer par exemple, mais chacun peut puiser dans ses propres références, permet de se rapprocher en compréhension de cette complexité de la maîtrise. La compétence est toujours l’expression de la rencontre entre une personne et une situation qu’il faut savoir identifier pour ensuite agir au mieux : « Compétence : action réussie potentielle » dixit Daniel Brutinot. Se former intelligemment permet de construire cette compétence, c’est un vrai challenge pour l’année qui vient et les autres après…
le faire vrai plutôt que le dire faux car c’est dans l’action que s’incarne cette capacité à aller de l’avant, à discerner les embûches de toute sorte, y compris celles qu’on se met à soi-même, et à trouver « il camino al andar ». Le dire faux, c’est s’enliser dans un discours trop synchronique et pas assez diachronique. Trop intello, alors voilà la métaphore: il y a la route, vous et le trajet pour aller d’un point à un autre et puis d’autres qui comme vous avant ont fait ce trajet mais pas de la même façon et pas à la même époque, et puis d’autres qui le font en même temps que vous ou avec vous et d’autres qui le feront demain;  une des règles simples consiste à la fois à relativiser et à mettre en perspective une représentation de la réalité, en sachant que c’est une représentation, dans un même discours. Car « le mot n’est pas la chose » (Korsysbki).
Donc pour pour éviter le dire faux dont nous sommes tous capables, un des moyens est de contextualiser: qui ? quoi ? où ? quand ? comment ? combien ? pourquoi ? etc. et même le « d’où je parle  » que nous a appris la psychanalyse, curieusement jetée aux orties alors que…
– et la formation dans tout ça ? 2019 est une année clé en restant une voie ouverte, dans la mesure où on choisit de construire un parcours professionnel en travaillant d’abord sur les opportunités par rapport à un projet avant d’étudier la faisabilité y compris financière de se former, ce qui n’est pas complètement joué… Du côté des formateurs-concepteurs, il faut miser sur l’innovation pas strictement pédagogique, mais celle qui permet de réinventer la situation formative. Et là, ça devient plus enthousiasmant, non ? On retrouve là le « faire vrai » mêlant le savoir-faire individuel et celui du groupe ou de l’équipe, créant une compétence collective. Mais oui, c’est possible !
En conclusion et pour rester dans une veine d’optimisme créatif, voici une citation ephi pour ouvrir 2019 : Chacun de nous est un entrepreneur potentiel qui construit sa compétence a priori, sans se soucier d’abord de la reconnaissance mais avant tout de la certitude non dénuée de doute d’avoir bien fait. Salute !

Ecoute, formateur, écoute !

Le meilleur apprentissage pour le formateur ou la formatrice est à mon sens de vivre sous plusieurs formes ce que l’on nomme la dynamique de groupe accompagnée de « phénomènes de groupe » sans au moment les comprendre complètement. Les élucider en temps réel sert au moins à ne pas en être dupe.
Un groupe en formation est l’expression d’un équilibre instable, même si on y recherche toujours une forme de rationalité rassurante. Comme l’a dit Kurt Lewin : « Le groupe est un système de forces. Cet équilibre de forces est déterminé tant par la position d’un individu dans un groupe que par les sentiments de chaque individu. » Mais pas que… car avant tout des idées, sentiments, passions se livrent une bataille sans merci chez chacun de nous, particulièrement quand ce précipité individuel se trouve en contact avec le groupe qui l’électrise. Chacun a donc le choix de se laisser porter par la vague ou de l’affronter… avec son propre gilet de sauvetage.

Pour le formateur, la tendance la plus commune est de penser qu’il peut influencer le groupe et en faire son allié, donc en devenir le leader naturel de par sa compétence et son ascendance. Dans cette position face au groupe, l’exercice quasi permanent de la séduction est mobilisé afin de ne pas laisser les participants s’échapper dans des couplages ou s’éparpiller dans des fuites ou des conflits. L’autorité du formateur leader doit être maintenue jusqu’au bout. Soyons honnête, tout formateur tend à sa manière ses filets…

En fait, comme tout humain normalement constitué, le formateur a lui aussi des angoisses archaïques, celles que Mélanie Klein a si bien décrites et d’autres après elles. Parmi ces angoisses, celle de se faire « bouffer » par le groupe qui peut occulter la lucidité du formateur dans l’animation « ici et maintenant », d’où des stratégies variées liées à la personnalité de celui qui les porte afin de « se gagner » le groupe.

Tout cela pourrait vous paraître un peu loufoque ou autocentré ou nosense etc. Mais rien n’est anodin dans cette rencontre de personnes venant en formation avec leurs trajectoires personnelles, leur motivation ou leur envie de se défaire de ce qui les encombre, leur résistance au changement contrebalancée par leur désir de progresser. Tout cela mijote pendant cette unité de temps/lieu/ action réunissant comme au théâtre un groupe qui ne s’est pas choisi.

Alors pour moi, il y un choix et un seul, soit le formateur « joue » avec le groupe et s’il s’y prend bien, ce sera positif d’abord pour lui, ensuite pour le groupe dans une certaine mesure et dans le temps de la formation. Soit il accepte de surfer sur cet équilibre instable qui fera tanguer le groupe à plusieurs reprises et qui fera flirter chaque participant avec une prise de conscience de ses potentialités/ limites/ marges de progression, avec comme seul objectif que chacun puisse tracer son chemin. C’est plus risqué mais à terme plus productif et gratifiant… Cela implique d’avoir une pleine écoute à la fois du groupe et de chacun de ses participants. C’est un choix qui détermine aussi la façon dont on va concevoir, architecturer et animer les formations.

Alors, formateur, à bon entendeur, salut !

La citation : « Entre mouvements et immobilité, bon vent et vents contraires, tempêtes et bonace, la traversée se poursuit, pour peu que l’embarcation et ses passagers tiennent le coup. » J-B Pontalis

PS : Le titre de cet article est de Daniel Brutinot

 

ephi-formation, des idées, un chemin

Il arrive que des idées arrivent à leur terme, non pas parce qu’elles ont obsolètes, mais juste parce qu’il faut maintenir un tel degré d’exigence qu’elles ne peuvent reposer sur une seule personne. L’énergie déployée à défendre des systèmes qui mettent en avant non les individus, mais les personnes dans leur chemin de vie professionnel et qui portent l’éclosion des organisations intelligentes au sens où elles valorisent la compétence singulière, l’autonomie et la créativité individuelle et collective est une flamme à combustion rapide qu’il ne faut cesser de rallumer. La crédibilité d’ephi-formation, ce sont toutes les actions qui ont fonctionné, en faisant juste en sorte que les acteurs des entreprises puissent eux-mêmes être les artisans de leur développement. Sans complaisance, et même avec une certaine insolence, celle de l’action réussie… potentielle. Je témoigne que ça a marché parce que ces systèmes de formation ou d’accompagnement sont fondés sur un contrat clair. Dans ce monde où on met souvent le doute à la mauvaise place (le doute constructif est celui qu’on applique d’abord à soi-même), seule la co-construction entre partenaires dans l’action peut marcher. ephi-formation va fermer ses portes dans quelques mois sans que cela exprime le moindre renoncement à tout ce qui animait nos actions. Simplement…

Todo pasa y todo queda,
Pero lo nuestro es pasar,
Pasar haciendo caminos,
Caminos sobre el mar.
Caminante, son tus huellas
El camino y nada más;
Caminante, no hay camino, 
Se hace camino al andar.
Al andar se hace camino
Y al volver la vista atrás
Se ve la senda que nunca
Se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
Sino estelas en la mar…
Traduction : Tout passe et tout reste/ Mais notre destin est de passer/ Passer en faisant des chemins/ Des chemins sur la mer/ Voyageur, ce sont tes empreintes/ Le chemin, et rien de plus/ Voyageur, il n’y a pas de chemin/ On fait le chemin en marchant/ Et lorsque l’on regarde derrière/ On voit le sentier que plus jamais/ On ne foulera de nouveau/ Voyageur, il n’y a pas de chemin,/ Seulement, un sillage dans la mer… Antonio Machado.

A bientôt pour d’autres éditos…(la photo de l’édito a été prise dans les jardins de l’hôtel Castelbrac à Dinard)