Partages, entre la porte ouverte et l’impasse…

Réseauter, ubériser, partager… Tous ces mots renvoient à des actions concrètes réalisées dans le monde entier par des humains très divers. En cette fin/ début d’année, on peut à un moment figer le flot des images et des textes pour quelques minutes de réflexion.

Réseauter… Les réseaux sociaux sont par définition ouverts aux opinions, idées, tendances, flux d’informations. Ils inondent nos espaces publics et privés. Si on en reste aux échanges qu’ils nous offrent, quelle est la balance (au sens musical du terme) entre l’idée neuve et la banalisation ? Et s’il y a recyclage des idées, ce qui est après tout aussi valable que de recycler un objet, comment estimer la valeur d’une idée neuve ou recyclée ? Question absurde ? Non, mais difficile à trancher sans en référer à des théories… ou à des points de vue. Pour ne pas tourner en rond davantage, lorsque je suis ou vous êtes émetteur d’une idée, demandons-nous quel est le poids du « J’affirme, donc je suis » dans ce que nous livrons aux réseaux. Et puis « l’idée que tout le monde pourrait partager n’importe quoi pourrait également nous pousser vers un chemin de stupidité collective. » dixit Carlo Ratti et Richard Sennet dans cet article : http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/les-risques-de-l-economie-du-partage-593238.html). Enfin, en tant que récepteurs, est-ce que nous ne perdons pas trop de temps à consommer des informations banales car répétées sans faire appel à la capacité de prise de distance qui est censée nous caractériser ?

Ubériser… En parlant de consommation, l’accessibilité a la côte. Si on peut avoir un service ou un produit plus astucieusement à moindre coût, voire à aucun coût, pourquoi s’en priver ? Dans les services « ubérisés », il y a ceux qui sont contents de consommer, mais il y a aussi les exploitants qui font appel à des… Trop facile direz-vous ? La vraie question à se poser, c’est de se demander si nous contribuons en ubérisant au développement des personnes ? Le doute est permis…

Partager… Ouf, on respire, l’économie du partage, ça normalement, c’est positif, c’est noble et c’est enrichissant. C’est vrai, on peut même enlever le mot « économie » et parler du partage comme une valeur humaine intéressante car elle entraîne l’empathie, la bienveillance etc. dans les relations. Cependant, tout en surfant sur la joie du partage, n’oublions pas quand même les rapports de pouvoir qui coexistent dans les relations humaines avec les élans généreux de l’altérité. Alors, partageons mais en restant conscients des limites du partage, car le nier n’est-ce pas s’interdire de vraiment partager ?

La citation du mois : « Agis en sorte qu’autrui puisse augmenter le nombre de choix possibles. » Von Foerster